La nouvelle


Le Grain de beauté


VALÉRIE CLO


Sofitel Rabat Jardin des Roses


Valérie CLO


Le Grain de beauté

Il faut commencer par éprouver ce qu'on veut exprimer.
Vincent Van Gogh

 

 

    Quand j’ai annoncé à ma mère que ma rédaction allait m’envoyer cinq jours à Rabat pour assister à un colloque sur l’environnement, une lueur de joie a traversé son regard. Nous nous sommes souri. Le hasard ? Le destin ?

 

Il y a tout juste un an, après le décès de mon grand-père, ma mère m’a demandé de l’aider à ranger son appartement. Il y vivait seul depuis la mort de ma grand-mère, il y a dix ans. Mon grand-père était un homme discret qui parlait peu de lui et de son enfance. Je savais qu’il était né au Maroc, et qu’il était arrivé en France pendant la deuxième guerre mondiale à l’âge de vingt ans. Il y avait rencontré ma grand-mère et s’était marié avec elle. Il avait épousé la France en même temps que sa femme et


Valérie CLO

n’avait plus jamais quitté ni l’une, ni l’autre. Nous n’avons jamais su exactement pourquoi il ne voulait plus retourner dans son pays, mais imaginions que c’était lié aux relations difficiles avec son père. Mon grand-père esquivait toutes questions en rapport avec son enfance, et le temps n’avait pas arrangé la situation. Il avait fermé définitivement la porte de son passé et, ma mère et moi n’avions qu’une idée en tête, l’ouvrir. Une question surtout nous taraudait, lui restait-il encore de la famille là-bas ?

 

Dans le salon de mon grand-père, sur la commode, trônent plusieurs photos soigneusement encadrées. Photos en noir et blanc du mariage de mes grands-parents, de celui de mes parents, de ma mère enfant, adolescente, jeune femme, de moi, bébé... Une photo retient mon attention, un petit portait de mon grand-père en uniforme, il doit avoir une vingtaine d’années. Il est beau, ses traits sont fins, son regard, doux. Sous son œil droit, un grain de beauté, exactement le même que le mien. La marque de fabrique de la famille, il me disait en plaisantant.


Le Grain de beauté

Dans un tiroir de cette commode, au milieu des serviettes de table et des couverts en argent, je trouve une petite boîte en cuir noir entourée de plusieurs élastiques. Imaginant qu’il s’agit là de broutilles sans importance, je la pose sur la table et continue à trier les divers papiers administratifs devant moi. A un moment, poussée par une intuition incontrôlable, j’attrape la boîte, enlève les élastiques, et l’ouvre. Photos, cartes postales du Maroc, acte de naissance, vieille montre, lettres, petits mots, livrets écrits en arabe, se répandent sur la table.

 

Lundi, arrivée à Rabat. Il est 15 heures. Le temps est magnifique. L’air un peu plus humide qu’en France me détend. Une sensation de bien être m’envahit, les larmes me montent aux yeux. Je respire. 

L’homme chargé d’assurer mon transfert pour l’hôtel est joyeux, il a l’air fier de me montrer sa ville. Nous traversons de larges avenues ceinturées par des arbres impeccablement taillés. Nous passons devant les bâtiments majestueux des diverses


Valérie CLO

ambassades, consulats, ministères et bien sûr le palais royal, qui rappellent que nous sommes dans la capitale administrative du Maroc et donnent à la ville un coté impérial, impressionnant. J’espère avoir le temps de visiter tous les sites qu’il me conseille, certains ont l’air très anciens.

 

Dans l’appartement de mon grand-père, ma mère et moi sommes sonnées par la découverte que je viens de faire. Nous nous asseyons autour de la table du salon et passons en revue chaque document, chaque objet qui dormait dans cette boîte en cuir noir. Ma mère semble découvrir un trésor, un pan de la vie de mon grand père qu’elle ignorait. Pourquoi ne le lui avoir jamais montré ? Pourquoi tant de mystères ? Elle saisit une photo en noir et blanc sur laquelle pose un couple habillé en costume traditionnel, ils ont l’air sérieux, très concentré. La femme est ronde et coiffée d’un foulard qui fait ressortir son regard. Sous son œil droit, un grain de beauté. Le même que le garçon d’une dizaine d’années qui se tient entre ses parents. Elle porte dans ses bras un bébé emmitouflé dans des draps


Le Grain de beauté

clairs, on voit à peine son visage. Le père a les traits fins, une certaine élégance, son regard est très vif, presque dur. Son fils lui ressemble, la même finesse dans le visage mais ses yeux sont différents, ils ont la douceur du velours. Ma mère ne parvient plus à décoller son regard de cette photo. Pour la première fois, elle voit le visage de ses grands-parents, de son père jeune et découvre qu’il avait un petit frère ou une petite sœur.

Dans la boîte en cuir noir, il y a aussi des lettres écrites en arabe, les papiers de naturalisation française de mon grand-père, son acte de naissance où nous découvrons le prénom de sa mère et celui de son père, une photocopie du livret de famille où l’on peut lire le prénom de sa petite sœur. Ma mère tremble, ses doutes se confirment, ce qu’elle a toujours imaginé, espéré en secret est là, étalé sur la table devant elle. C’est sûr, il doit lui rester de la famille là-bas, des cousins, sa tante est peut-être toujours en vie. Une joie mêlée d’angoisse l’envahit soudain, elle, la fille unique, découvre un morceau de son histoire et l’espoir de retrouver une partie de sa famille. Sur l’acte de naissance de mon grand-père, il est écrit qu’il est né le


Valérie CLO

5 janvier 1920, à Rabat.

 

Nous passons devant le fleuve qui sépare Rabat de Salé, le Bou Regreg. Au loin, il y a la mer. Dans le ciel d’un bleu tranchant, se découpent des palmiers gigantesques, pas un souffle de vent. J’ouvre ma fenêtre en grand, je respire à pleins poumons. Je suis sur les terres de mon grand-père et ce voyage professionnel prend une dimension sacrée.

 

L’hôtel est somptueux. Un bijou dressé au milieu d’une végétation luxuriante où un jardin de roses et d’orangers parfume avec subtilité l’atmosphère. Partout dans l’hôtel, la décoration est contemporaine et raffinée. Le colloque se passera dans une des salles de conférence de l’hôtel. Les différents intervenants et invités commencent à arriver d’un peu partout, France, Etats-Unis, Italie, Algérie, et bien sûr Maroc. Rabat a été proclamée ville verte et se veut un exemple en matière d’écologie. Je prends possession des lieux, ma


Le Grain de beauté

chambre est luxueuse, le charme oriental marié à la modernité.

En défaisant ma valise, je déguste de petits gâteaux aux amandes déposés sur la table en guise de bienvenue. Une caresse dans la bouche, sucrée et onctueuse. Je sors mon ordinateur portable, mes dossiers, et le matériel nécessaire à la prise de notes durant le colloque. Au fond de ma valise, la photo en noir et blanc de mes arrière-grands-parents.

 

Dans l’appartement de mon grand-père, ma mère et moi avons tout rangé, vidé et nettoyé avant de rendre les clefs au propriétaire. Ma mère a emporté quelques meubles, bibelots et souvenirs de ses parents qu’elle a entreposés dans son garage. La boîte en cuir noir, elle l’a posée sur sa table de chevet. Chaque jour, elle l’ouvre, ressort les documents, bien décidée à commencer au plus vite les démarches pour retrouver sa tante. Je me chargerai des recherches sur Internet, elle s’occupera des démarches administratives au Consulat. 


Valérie CLO

 

On me demande souvent de quelle origine je suis ? Algérienne ? Tunisienne ? Egyptienne ? Iranienne ? Libanaise peut-être ? Je réponds, j’ai des origines marocaines par mon grand-père mais je n’y suis jamais allée.

Il y a comme un signe du destin à me retrouver là, à Rabat, un clin d’œil que la vie me fait, une invitation à découvrir les origines et la culture d’une partie de ma famille, à m’y plonger. Le Soleil se lève sur Rabat, il inonde la cité et le fleuve d’une lumière ocre qui me serre le cœur, et donne à la ville une impression de sérénité. Rabat, la majestueuse, se lève de la nuit en habits d’or. 

 

L’air est doux, je prends mon café dans le patio de l’hôtel, avec vue sur le jardin magnifique et la piscine où quelques courageux se baignent malgré l’heure matinale. Je vais chercher mes affaires et m’installe dans la salle de conférence qui se remplit doucement. Énergies renouvelables, préservation


Le Grain de beauté

des ressources naturelles, gestion des déchets, agriculture raisonnée ou encore tourisme durable, voici quelques thèmes au menu. Je suis passionnée d’écologie, par mon métier de rédactrice mais devant le premier intervenant, j’avoue que j’ai du mal à me concentrer. Je décroche, mon corps est bien là vissé sur sa chaise, mes mains sont prêtes à prendre des notes au milieu de ce parterre d’experts et de scientifiques, mais mon âme est ailleurs, déjà en ville, à la découverte de Rabat.

 

Parcourir la ville, me perdre dans les dédales du marché de la rue des Consuls, humer l’air,  les épices, les cuirs tannés, m’emplir les yeux des couleurs multiples et vives des tapis, des tissus, des bijoux, des fruits, me plonger dans l’ambiance fourmillante du souk, m’en imprégner, goûter les saveurs sucrées salées, les gâteaux au miel, aux amandes, observer les gens, parler avec eux, chercher dans leurs traits une ressemblance avec ceux de mon grand- père, trouver quelque chose à dire à ma mère en rentrant, une piste, un indice, un espoir.


Valérie CLO

 

Revenir à Paris avec un espoir.

 

On a dit à ma mère que les recherches risquaient de prendre du temps, sa tante a certainement dû se marier et changer de nom de famille. Il faut passer en revue les actes de mariage sur plusieurs années de Rabat mais pas seulement, elle a pu se marier n’importe où au Maroc, elle a pu aussi partir à l’étranger, en France comme son frère, ou ailleurs. Les recherches sur Internet n’ont pas été plus fructueuses, j’ai posté des annonces sur plusieurs sites de recherche de famille. Et pour le moment aucune réponse en dehors de quelques messages d’encouragement d’internautes qui sont passés par là. 

 

Quelqu’un dans l’hôtel m’a parlé de la Kasbah des Oudayas, un lieu incontournable à Rabat. J’ai vu quelques photos sur Internet et je suis impatiente de découvrir cette forteresse datant du


Le Grain de beauté

XIIème siècle. A la fin du discours du dernier intervenant de la journée, je m’échappe, saute dans un taxi qui me conduit devant cette citadelle imprenable, ceinturée par des remparts, grain de beauté à flanc de colline, qui domine le Bou Regreg et plus loin, la mer. Ici, tout fait penser à l’Andalousie, les lourdes portes en bois finement sculptées, le jardin mauresque, les petites maisons blanches recouvertes par endroit de chaux bleue. Je m’égare dans les ruelles étroites où je découvre de petits trésors d’architecture, parfois des portes entrouvertes laissent deviner une décoration soignée et typique. Au cœur de la citadelle, je fais une halte au café Maure où je commande un succulent thé à la menthe et une corne de gazelle. La vue sur le fleuve est magnifique, apaisante, d’ici la ville semble assoupie. Je continue la visite et rentre dans une sorte de galerie d’art pour acheter quelques cartes postales. Derrière la caisse, se tiennent deux femmes. L’une est jeune, en pleine conversation téléphonique, elle lève à peine la tête. Son agitation tranche avec le calme de la vieille femme assise à côté d’elle qui ne me quitte pas des yeux. Sa peau est très ridée, ses mains sont calleuses, et ses yeux noirs me font penser à ceux de mon


Valérie CLO

grand-père, elle pourrait être sa sœur. Quand je lui tends les cartes que j’ai choisies, elle me prend la main et me dit quelque chose en arabe que je ne comprends pas. J’aimerais lui poser des questions mais je n’ose pas, je me contente de lui sourire. Quand je quitte la galerie, elle me fait un long signe de la main à travers la vitre.

 

De retour à l’hôtel, je m’allonge sur le grand lit de ma chambre, je ferme les yeux. A la fois épuisée et excitée par cette visite. Mes sens sont en éveil. Il y a comme une urgence à m’imprégner de cette ville, à ramener à ma mère un maximum de souvenirs, de photos. Qu’elle puisse à travers moi goûter l’air d’ici, saisir les couleurs et sentir les parfums de la terre de son père. Il me faut voir un maximum de choses avant de partir, quitte à m’échapper de la conférence un peu plus tôt les jours suivants.

 

Je me souviens de mon grand-père, de sa gentillesse, de sa


Le Grain de beauté

discrétion qui confinait presque à la timidité. Il parlait le français avec un léger accent qui rappelait qu’il venait d’ailleurs, d’un pays lointain, chaud et exotique qui me faisait rêver. Il choisissait comme personne les fruits et les légumes au marché, j’étais sûre que c’était dû à ses origines. D’où il venait, les aliments devaient avoir plus de goût et de saveur, on ne pouvait pas le tromper sur la marchandise. Il avait appris à ma grand-mère à cuisiner le couscous marocain, et d’autres plats traditionnels aux graines de sésame et de fenouil. Sa femme, bien que normande et habituée à la cuisine au beurre, était devenue une experte. Il la complimentait sur ses talents de cuisinière et dégustait avec un plaisir non dissimulé ces plats aux multiples épices. Même si nous en parlions peu, le Maroc était souvent convié à notre table. Et c’est avec joie et curiosité que nous avions l’impression de découvrir à chaque fois un trésor caché.      

 

A cinq minutes en voiture de l’hôtel, la nécropole de Chellah, construite sur les ruines d’une cité romaine que l’on peut


Valérie CLO

encore voir. Une fois franchie la lourde porte octogonale, un monde ancien s’ouvre à moi, où vestiges de l’empire romain côtoient ceux des Mérinides. Je descends un chemin dallé bordé par une végétation abondante et odorante et tombe sur le minaret d’une ancienne mosquée et école coranique. Devant, on découvre le tombeau quasi intact du Sultan Abou Al-Hassan et celui de sa femme "Soleil du Matin", une chrétienne convertie à l'islam qui aujourd’hui encore interpelle et fait rêver. Un peu plus bas, un bassin rempli de pièces de monnaie où vivraient cachés un énigmatique poisson aux écailles d’or et des anguilles censées redonner la fertilité aux femmes. De drôles claquements de bec me font lever la tête et là, perchées sur les vestiges du passé, je découvre, ébahie, des cigognes. Ici chaque parcelle de terre, chaque molécule d’air, est chargée d’histoire et de légende et donne à ce lieu une atmosphère particulière, pleine de mystère et d’intensité.    

 

J’ai le sentiment que partout où je me déplace dans Rabat mon grand-père est avec moi et guide mes pas. J’aurais tellement


Le Grain de beauté

aimé faire ce voyage avec lui pour qu’il me montre le quartier où il est né, l’endroit où il a vécu, l’école qu’il fréquentait. Je suppose que la ville moderne que je découvre aujourd’hui doit être bien différente de celle qu’il a connue. J’essaie d’imaginer les douleurs qui l’empêchaient de retourner sur sa terre natale. Que s’était-il passé avec son père pour qu’il refuse à ce point de revenir, tire un trait définitif sur son pays, sa culture, sa langue, quitte à perdre dans sa fuite, sa famille, sa sœur. Entraînant avec lui ses descendants amputés d’une partie de leur origine, et qui deviennent assoiffés par cette culture arrachée.      

 

Comme le hammam dans lequel je pénètre pour la première fois, rituel sacré. Je me laisse imprégner par cette chaleur humide qui me détend immédiatement. Enveloppée par cette atmosphère ouatée, je m’allonge sur les dalles chaudes et colorées. Je me laisse aller dans les bras de la masseuse. Elle me fait un gommage énergique qui laisse ma peau douce et parfumée, un shampoing au rhassoul qui me donne les cheveux brillants et soyeux. Ce soir là, impossible de mettre au


Valérie CLO

clair les notes que j’ai prises dans la journée. Je m’endors comme un bébé, bercée par l’appel du muezzin et la douceur de vivre qui enrobe la ville.

 

Dernière journée de conférence. Au programme, quelle gestion des déchets dans les pays émergeants ?  Comment définir la ville intelligente du pourtour méditerranéen? Quelles conditions pour optimiser les actions de développement durable au Maroc ? Et quelques autres réjouissances. Rabat qui a signé une chartre sur l’environnement et le développement durable est un véritable laboratoire à ciel ouvert, cela donne à mes yeux de professionnelle de l’écologie un charme supplémentaire à la ville.   

 

Je partirai plus tôt ce soir de la conférence. Avant de rentrer à Paris, je veux absolument voir de près la tour Hassan et le tombeau du roi Mohamed V. J’ignorais que le plus populaire des rois du Maroc était enterré à Rabat et que chacun pouvait


Le Grain de beauté

venir se recueillir sur sa tombe. Des gardes à cheval sont postés devant l’entrée de l’esplanade, à gauche la tour Hassan inachevée, haute de 44 mètres surplombant la ville et l’océan. Devant on peut encore voir les vestiges des colonnades de marbre censées soutenir ce qui devait être la plus grande mosquée du Maroc. Pile en face, le mausolée impérial où reposent le roi et ses deux fils. Je me mêle à la foule et observe avec une certaine fascination les tombeaux des souverains. Je suis stupéfaite par la beauté et le prestige de ce lieu de recueillement, par la finesse et la qualité des détails et des matériaux comme les feuilles d’or, le marbre blanc, l’acajou, le cèdre…  

 

Le soir, j’ai du mal à m’endormir, je viens de passer un séjour hors du temps. J’ai le sentiment d’avoir perdu en l’espace de quelques jours mes habitudes, mes repères en même temps que je retrouvais ceux d’une partie de ma famille. 


Valérie CLO

 

Vendredi, départ de Rabat. Quand l’avion décolle et quitte l’aéroport de Rabat Salé, ma poitrine se serre. L’élégante Rabat avec son immense végétation s’éloigne. Je regrette de ne pas être restée plus longtemps pour découvrir le reste de la ville, les plages, les autres jardins, les musées, les bibliothèques et les endroits plus secrets. J’emporte avec moi la ville pour la raconter à ma mère et je me promets de revenir très vite en vacances avec elle.

 

Quand l’avion atterrit à Paris, je perds vingt degrés d’un coup. Ma mère, qui vient me chercher à l’aéroport, a les yeux qui brillent. En m’embrassant, elle me dit qu’elle a une bonne nouvelle à m’annoncer. Elle est très agitée et n’arrête pas de parler. Dans le désordre et avec une certaine confusion, elle m’apprend qu’elle a peut-être retrouvé sa tante et sa famille. Elle aurait deux cousins et une cousine. Ils habiteraient à Casablanca, à quatre-vingts kilomètres de Rabat. Elle a reçu le courrier hier, elle était pressée que je rentre pour me faire la


Le Grain de beauté

surprise. Elle ajoute que maintenant il faut que nous organisions un voyage pour leur rendre visite. Et comme Rabat est à côté, nous pourrions en profiter pour visiter la ville puisque maintenant je suis une spécialiste. Une fois dans la voiture, elle me tend une courte lettre avec une adresse dessus, et une photo où l’on voit deux femmes assises sur un canapé. La plus jeune est très brune et assez jolie, elle semble avoir à peu près l’âge de ma mère. La plus vieille porte un foulard de couleur autour de la tête, elle ressemble comme deux gouttes d’eau à mon grand-père. Elle ne semble plus avoir d’âge. Elle regarde avec beaucoup de sérieux l’objectif. Son visage est très ridé, son regard est doux. Et sous son œil droit, un grain de beauté.


Les écrivains voyageurs
Anaïs Jeanneret
février 2017
Impressions Hongroises
Par Anaïs Jeanneret
Sofitel Budapest Chain Bridge
Lire
Ludivine Ribeiro
janvier 2017
TAMUDA BAY
Par Ludivine Ribeiro
Sofitel Tamuda Bay Beach & Spa
Lire
Olivier Weber
juin 2016
Le lézard qui pleure
Par Olivier Weber
Sofitel Legend Santa Clara Cartagena
Lire
Patrick de Carolis
mai 2016
Souviens-toi du désert !
Par Patrick de Carolis
Sofitel Dubai Jumeirah Beach
Lire
Vladimir Fedorovski
décembre 2015
La magie de Vienne
Par Vladimir Fedorovski
Sofitel Vienna Stephansdom
Lire
Philippe Jaenada
mai 2015
Hors du temps
Par Philippe Jaenada
Sofitel Luxembourg Europe
Lire
Frédéric Vitoux
mai 2015
Nous n'irons pas aux Îles du Rosaire
Par Frédéric Vitoux
Sofitel Legend Santa Clara Cartagena
Lire
Irène Frain
décembre 2014
Saudade
Par Irène Frain
Sofitel Lisbon Liberarde
Lire
Dominique Fernandez
octobre 2014
Santa Clara
Par Dominique Fernandez
Sofitel Legend Santa Clara Cartagena
Lire
Denis labayle
juillet 2014
Abidjan-Paris-Abidjan
Par Denis labayle
Sofitel Abidjan Hotel Ivoire
Lire
Patricia Reznikov
juillet 2014
Le Collectionneur
Par Patricia Reznikov
Sofitel Bruxelles Le Louise
Lire
Gérard de Cortanze
mars 2014
Quinze secondes pour mourir
Par Gérard de Cortanze
Sofitel Agadir Thalassa sea & spa
Lire
Carole MARTINEZ
janvier 2014
Rêveries à Sopot
Carole Martinez
Sofitel Grand Sopot
Lire
David FOENKINOS
décembre 2013
Le Pèlerinage de l'origine
David Foenkinos
Sofitel Berlin Gendarmenmarkt
Lire
Eric NEUHOFF
septembre 2013
Petit papa Noël
Eric Neuhoff
Sofitel Golfe d’Ajaccio Thalassa sea & spa
Lire
Emmanuelle DE BOYSSON
juin 2013
L'Énergie de Quiberon
Emmanuelle de Boysson
Sofitel Quiberon Thalassa sea & spa
Lire
Valentine GOBY
mai 2013
Syntagma
Valentine Goby
Sofitel Athens Airport
Lire
Valérie CLO
avril 2013
Le Grain de beauté
Valérie Clo
Sofitel Rabat Jardin des Roses
Lire
Franck MAUBERT
mars 2013
Novembre Basque
Franck Maubert
Sofitel Biarritz Le Miramar Thalassa sea & spa
Lire
Jean-Christophe RUFIN
janvier 2013
Trois jours avec Graham Greene
Jean-Christophe Rufin
Sofitel Legend Metropole Hanoi
Lire
Hervé HAMON
décembre 2012
Cinquième jour
Hervé Hamon
Sofitel Hamburg Alter Wall
Lire
Gilles MARTIN-CHAUFFIER
novembre 2012
Week-end à Vienne
Gilles Martin-Chauffier
Sofitel Vienna Stephansdom
Lire
Fouad LAROUI
octobre 2012
Ce qui ne s'est pas dit à Bruxelles
Fouad Laroui
Sofitel Brussels Europe
Lire
Tatiana DE ROSNAY
septembre 2012
Bel-Ombre
Tatiana de Rosnay
Sofitel So Mauritius
Lire
Patrick CHAMOISEAU
décembre 2011
L'Ultime sourire de l'Antillaise
Patrick Chamoiseau
Sofitel Paris le Faubourg
Lire
Olivier WEBER
novembre 2011
Le Marcheur du Danube
Olivier Weber
Sofitel Budapest Chain Bridge
Lire
Claude SERILLON
octobre 2011
On
Claude Sérillon
Sofitel Essaouira Mogador Golf & Spa
Lire
Frédéric VITOUX
septembre 2011
Le Masque et le dinosaure
Frédéric Vitoux
Sofitel New York
Lire
Denise BOMBARDIER
juillet 2011
La Femme qui aimait les îles
Denise Bombardier
Sofitel Bora Bora Marara Beach & Private Island
Lire
Benoîte GROULT
juin 2011
Le Jour où je suis devenue vieille
Benoîte Groult
Sofitel Munich Bayerpost
Lire
Denis LABAYLE
mai 2011
Le Concert luxembourgeois
Denis Labayle
Sofitel Luxembourg Le Grand Ducal
Lire
Tahar BEN JELLOUN
avril 2011
Un pigeon à Amsterdam
Tahar Ben Jelloun
Sofitel Legend The Grand Amsterdam
Lire
Philippe BESSON
mars 2011
Brève rencontre à Londres
Philippe Besson
Sofitel London Saint James
Lire
Patrick POIVRE D'ARVOR
février 2011
La Mort atroce de Victor Hugo
Patrick Poivre d'Arvor
Sofitel Luxor Winter Palace
Lire
Neil BISSOONDATH
décembre 2010
Good morning, monsieur Roussin
Neil Bissoondath
Hôtel Scribe Paris
Lire
Daniel ARSAND
novembre 2010
Rencontres strasbourgeoises
Daniel Arsand
Sofitel Strasbourg Grande Île
Lire
Gonzague SAINT BRIS
octobre 2010
Mais où est donc passée l'horloge du désir?
Gonzague Saint Bris
Sofitel Fès Palais Jamai
Lire
Pierre VAVASSEUR
septembre 2010
Cherche-moi
Pierre Vavasseur
Sofitel Lyon Bellecour
Lire
Jean-Marie ROUART
juillet 2010
La Fin d'un rêve bleu
Jean-Marie Rouart
Medina Essaouira Hotel Thalassa Sea & Spa
Lire
Delphine DE VIGAN
juin 2010
Week-end en amoureux
Delphine de Vigan
Sofitel Marseille Vieux Port
Lire
Eduardo MANET
mai 2010
La Fiancée de la mer
Eduardo Manet
Sofitel Agadir RoyalBay Resort
Lire
Akli TADJER
avril 2010
Retour aux sources
Akli Tadjer
Sofitel Algiers Hamma Garden
Lire
Catherine ENJOLET
mars 2010
Au balcon du ciel
Catherine Enjolet
Sofitel Rome Villa Borghese
Lire
Yasmina KHADRA
février 2010
Holm Marrakech
Yasmina Khadra
Sofitel Marrakech Palais Impérial
Lire