La nouvelle


Cinquième jour


HERVÉ HAMON


Sofitel Hamburg Alter Wall


Hervé HAMON


Cinquième jour

Il était presque parfait, ce Werner. Costume gris, cravate grise, chaussures noires, mais la prunelle turquoise, mobile, un peu trop peut-être, comme était un peu trop conquérante sa moustache blonde. N’empêche, songea Katz, malgré cela, il était parfait, presque parfait, ce Werner, dans son rôle de portier. Il arborait l’uniforme convenu avec le mélange de soumission et de désinvolture qui trahit les vrais professionnels – on ne doutait pas que, derrière la fonction, il y avait une personnalité, mais que cette dernière se tenait à bonne distance, à l’exacte distance. Et cela, Katz le savait mieux que personne, ne s’apprenait que lentement. Parfois, il se disait même que cela ne s’apprenait pas, que c’était une grâce.

Il n’avait pris la direction de l’hôtel que depuis trois semaines, le groupe avait décidé de confier cette grosse machine à un jeune,  un relativement jeune. Et, chaque jour, il consacrait une heure entière à observer son personnel. Sans se cacher, tranquillement, sans aucun esprit d’embuscade. Il voulait voir mais aussi être vu, sortir de son bureau, arpenter le terrain. Katz n’avait pas encore quarante ans et considérait qu’être chef, c’est se mettre en déséquilibre.


Hervé HAMON

Un brouillard sombre noyait la ville. On était début décembre, le jour tombait tôt, les lumières de Noël allaient s’allumer et il était grand temps. Du port, par bouffées, arrivaient des odeurs de malt et d’hydrocarbures, des odeurs que charriait la pluie en suspension.

Katz aperçut l’homme, le client. Lui seul était averti de son arrivée. Le client surgit de la rue confuse, marchant tout droit d’un pas obstiné, tellement las qu’il semblait déchirer l’air, s’y tailler une place. Il était vêtu de rouge, d’une sorte de combinaison épaisse, avec des bandes réfléchissantes, et ses bottes jaunes étaient maculées de boue. Sa chevelure dégoulinait, il avait apparemment de la graisse sur le front, sur les pommettes, sur les mains. Ses yeux mi-clos ne voyaient quasiment pas. On avait l’impression, tout à la fois, qu’il allait s’effondrer sur le pavé gras et qu’une force irrésistible l’emportait.

En retrait, Katz guettait Werner et Werner fut impeccable, bonjour Monsieur, tout comme le bagagiste tentant de s’emparer du sac en caoutchouc que le client portait à l’épaule, et n’insistant pas


Cinquième jour

quand ce dernier se cramponna au bagage informe et proféra un son brouillé. La réceptionniste, à son tour, constata que la réservation était prise, que cette réservation était même celle d’une suite, mais ne broncha pas d’un sourcil devant la tenue du client, lui remit deux cartes magnétiques et lui souhaita très bon séjour. Ce que l’autre ne paraissait pas entendre, répétant pour lui-même dans une langue mal identifiée « 312, 312, 312 » et fonçant vers l’ascenseur. Il bouscula, sans s’excuser, un type en costume d’homme d’affaires, qui se rejeta de côté, plus étonné qu’autre chose.

Il y avait du monde, dans le hall, du beau monde comme on dit, ce qui se repérait à mille signes mais d’abord aux chaussures – un vêtement peut faire illusion, un accessoire, jamais une chaussure. Et ce beau monde laissa échapper un gazouillis d’effarement, pas choqué, non, mais amusé, comme si l’hôtel offrait à ses pensionnaires une performance inattendue.

Katz, très intentionnellement, n’avait prévenu personne. Il voulait voir de visu comment cela se passerait, comment l’équipe réagirait devant une situation un brin déroutante – restant à


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portée, pour intervenir au besoin. Mais non, l’équipe était rôdée, l’équipe avait prouvé que cet hôtel méritait sa réputation. Un établissement banal, médiocre, aurait réagi avec circonspection. Mais chez lui – Katz eut un sourire –, on avait de la classe, on ne se laissait pas démonter.

 

Kellermann cligna des paupières en pénétrant dans la suite. Trop de fenêtres, trop de lumière malgré le jour déclinant. Il s’empressa de descendre les stores, alluma des lampes indirectes, ici et là, au chevet du lit, sur la table de travail, dans un coin du salon. C’était immense et reposant. Les murs d’un gris léger n’arrêtaient pas l’œil, ne le blessaient en rien. Lui qui venait de séjourner dans des sortes de cages, dans des cuves, dans des boyaux métalliques avait soudain l’impression qu’un territoire infini s’offrait à lui. Et il ne voulait pas en jouir, il ne voulait pas s’y abandonner. Surtout pas.

La Compagnie avait voulu bien faire, avait voulu lui accorder un peu de luxe après tant d’épreuves, mais la Compagnie n’avait


Cinquième jour

aucun sens de son propre intérêt. Il ne fallait pas qu’il cède, il ne fallait pas qu’il rêve d’un bain tiède, il ne fallait pas qu’il se déshabille, il ne fallait pas qu’il mange. Il ne fallait même pas dormir. Et boire, encore moins. Comme tous les marins, Kellermann savait que l’heure de boire n’est pas celle de l’action, de l’action contrôlée, raisonnable. Ce n’était pas le moment, voilà tout. Il observa qu’une bouteille de grand vin lui était offerte dans une sorte de tiroir ouvert. Il le referma d’un coup sec.

Il s’assit lourdement à la table, extirpa un ordinateur portable du sac étanche. Chacun de ses muscles était douloureux. Ne pas dormir. Ne pas dormir. S’il dormait, s’il dormait vraiment pour la première fois depuis trois semaines, il se réveillerait dans deux jours, sa cervelle ne serait plus que matière cotonneuse, sa mémoire s’étiolerait. Garder le fil. Il convenait de garder le fil, de rester dans le temps précédent, dans l’action, de refuser l’idée que c’était fini. Du papier. Où y avait-il du papier ? Ce qu’il avait sous les yeux, un bloc notes assez élégant à en tête de l’hôtel, n’était pas du papier. Il sonna. Il voulait un cahier, plutôt grand, un brave cahier avec des lignes pour soutenir la main.


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Le garçon d’étage avait les joues roses. Il regarda timidement la veste de quart de Kellermann, nota que, malgré son nom germanique, il avait les yeux d’un noir profond et vif, et la chevelure à l’avenant. Il enregistra aussi les pommettes rougies, les sortes de peintures de guerre qui maculaient son visage.

Dix minutes plus tard, le client avait du vrai papier et un vrai stylo. Il se courba sur la première feuille et commença laborieusement : « Rapport d’intervention du commandant Felipe Kellermann sur le sauvetage du RSC Tania... » L’ordinateur affichait des lignes de chiffres, de dates et d’heures, de mesures. Son regard allait de l’écran à la feuille, de la feuille à l’écran.

 

Les deux femmes de chambre qui avaient sonné au 312 et très courtoisement demandé l’autorisation de préparer le lit pour la nuit – repli du drap de dessus, petites friandises, etc. – rapportèrent qu’elles avaient été quelque peu rabrouées. Rien


Cinquième jour

de personnel, rien de discourtois, juste le sentiment d’être jugées importunes. L’occupant de la suite ne réclamait ni nourriture ni boisson. Apparemment, il n’avait pas même songé à ôter ses bottes, à se délester de la lourde veste qui l’enveloppait. Comme s’il ne percevait ni le froid, ni la chaleur, ni la soif, ni la faim.

S’il avait été en compagnie d’une femme, voire de plusieurs, on ne se serait pas inquiété. Les hommes, les femmes, et toutes les autres combinaisons possibles, ça apparaît, ça disparaît, ça suit des règles, ça s’en écarte, ça oublie l’horaire, ça oublie tout. Mais un homme, rien qu’un homme, c’était étrange. Pour le principe, on signala la chose au patron. Et Katz sourit. C’était décidément une bonne équipe.

 

Kellermann n’était pas seul, pas du tout. Il était ailleurs, il était très loin. Il remontait le temps comme on étale un courant violent et contraire, mètre après mètre. Trois semaines auparavant, il se trouvait en congé au soleil, avec sa femme, et


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la Compagnie l’avait soudainement rappelé : un grand porte-conteneurs, le RSC Tania, était en perdition non loin de Brême.

Son métier, c’était de sauver les bateaux, de sauver les gens, de sauver la cargaison, son métier, c’était de diriger les sauvetages, et il en avait vu, des désastres, il en avait vu, des coques en feu, des coques ouvertes. Mais quand l’hélico l’avait descendu au bout d’un fil, ce qu’il avait découvert, sous lui, ne ressemblait à rien de classique.

Le RSC Tania était vautré sur le flanc, il avait bien 27 ou 28 degrés de gîte, c’était effroyable, il pouvait partir, sombrer d’un moment à l’autre. Une fois l’équipage hélitreuillé, Kellermann avait fait le tour du navire, observé très attentivement les montagnes de porte-conteneurs qui encombraient le pont, qui dessinaient des blocs de gratte-ciel. Ils ne s’étaient pas désarrimés, les dockers étaient des as. Mais dessus, dessous, ça risquait de céder à tout instant. Pour comble, il y avait du chimique là-dedans, des produits dangereux immergés : ce qui n’était qu’un accident industriel risquait de se transformer en Bhopal sur mer.


Cinquième jour

Kellermann n’était pas un naïf. Il savait que si son chef d’exploitation l’avait appelé, c’était pour le faire plonger. Quand le coup était particulièrement tordu, quand il restait seul sur la liste des intervenants possibles, alors, alors seulement, Travis décrochait son téléphone. Parce que Kellermann était le meilleur. Et parce que Travis le jalousait, voulait détruire une bonne fois sa réputation d’excellence. Kellermann le méprisait, ne se dérobait pas. Le sens du devoir, vous comprenez.

Il fallut d’abord remorquer le RSC Tania pour l’échouer sur un banc de sable, le temps d’inspecter grossièrement les cuves, les cales, tant bien que mal, le temps de pomper l’eau qui pouvait l’être. Puis, la tempête venant, il fallut au contraire le tirer vers le large en sorte qu’il ne soit pas disloqué, drossé par les vagues, et enfin le ramener à l’abri d’une embouchure – mais pas trop près de cette dernière : si le bateau venait à couler, et c’était hautement probable, il n’était pas question de bloquer le port en amont, de stopper le trafic avec une épave.

Et là, dans le froid et le vent, il fallut vraiment comprendre pourquoi un navire géant, tout à sa puissance, bascule d’un


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seul coup. Kellermann s’était installé à son bord en compagnie d’un architecte irlandais. Pas d’eau potable, pas d’électricité, un désert de tôles et de froid, des grosses batteries pour les ordinateurs. Eux seuls dormaient là. Les marins, logés sur les remorqueurs alentour, avaient consigne de déserter, la nuit, le porte-conteneurs. Et durant le jour, ils exploraient les cales, sondaient cuve après cuve, s’engouffraient dans les trous d’hommes. Tout était gras, tout était glissant, il y eut des blessés, des jambes rompues, une colonne vertébrale endommagée. Mais à la fin des fins, on finit par détecter l’erreur de ballast qui expliquait le désastre, on finit par redresser le navire jusqu’à 9 degrés – ce qu’exigeaient les dockers pour pouvoir décharger –, on finit par tirer le RSC Tania jusqu’aux docks flottants de Hambourg, malgré les conteneurs de café qui fermentaient et explosaient sans crier gare.

Une prouesse, disaient les experts. Travis ferait encore la gueule, essaierait de tirer les bénéfices de l’aventure. Kellermann avait l’habitude et s’en moquait royalement.

Mais ce n’était pas encore fini. Après l’intervention, à chaud, il


Cinquième jour

était nécessaire de préparer le procès maritime, d’offrir aux compagnies d’assurance les informations les plus robustes, les plus techniques. Kellermann devait reconstituer son action minute par minute, sans rien omettre, sans rien oublier. Il connaissait l’ingéniosité, la rouerie des avocats adverses, il fallait qu’il se glisse dans leur cervelle, qu’il anticipe leurs objections, qu’il fabrique un mur de vérité contre lequel ils se briseraient lors de l’audience qui se tiendrait à Londres, siège de l’Organisation maritime internationale.

Pourquoi cette minutie, cette quête d’une sorte de perfection ? Par loyauté envers la Compagnie ? C’était cela, sans doute. Mais il entrait dans tant d’obstination une part obscure. Il voulait boucler la boucle, mener l’opération à son terme absolu. Il n’entendait rien laisser derrière lui, pas un détail.

 

Trois jours plus tard, Kellermann veillait encore et n’avait rien mangé, rien de consistant. Il n’avait pas touché aux stores, ni aux lumières, n’avait pas enlevé sa veste de quart. Il buvait


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régulièrement un peu d’eau, dans des petites bouteilles en plastique, et, quand la bouteille était vide, il la broyait d’une main féroce et la jetait à terre comme une feuille de papier froissé.

Le personnel d’étage commença de prendre peur. C’était inquiétant, à la fin, ce type qui ne dormait pas, ne parlait pas, ne se déshabillait pas, ne se lavait pas. Ce type absent et présent, cet épouvantail marin. Les deux femmes de chambre qui, ordinairement, s’occupaient de la suite 312, étaient très jeunes, un peu raides dans leur costume réglementaire, dans leur jupe grise et stricte. Elles s’appelaient Kirstin et Hannelore, elles paraissaient éteintes mais se rallumaient après le service. Et elles demandèrent à être relevées. Le monsieur de la suite 312 ne les rabrouait même plus, il les laissait entrer, tapoter le lit inutilement, changer les bonbons rituels, sur le drap ouvert, dire bonne nuit et se retirer comme si de rien n’était – tandis que l’autre demeurait les yeux fixes et vides. Et ça, disait Hannelore, ça, franchement, je vous jure, c’est glaçant.

Au quatrième jour, Katz décida d’intervenir en personne. Il frappa doucement et longuement, mais Kellermann ne répondait plus.


Cinquième jour

Alors le patron prit sur lui d’ouvrir la porte. L’homme n’avait pas changé d’attitude. Simplement, il n’écrivait plus. Son regard n’avait plus de regard. Ses lèvres étaient gonflées, et paraissaient hors d’état d’articuler un son.
– Monsieur Kellermann...
L’autre ne bronchait pas.
– Commandant Kellermann, je m’appelle Katz, je suis le directeur de cet hôtel, je...
Kellermann fixait sur lui ses yeux morts.
– Je suis responsable de vous, Monsieur Kellermann. Vous êtes sous mon toit, vous êtes ivre de fatigue, vous devez vous nourrir, vous reposer.
Le marin essaya de parler, ses lèvres remuèrent un peu, mais cela semblait trop difficile. Katz se pencha :
– Oui, je vous écoute, je vous écoute.
Le visage de Katz était à cinq centimètres de celui du client, lequel puait horriblement.
Dans un souffle, la bouche du commandant prononça :
– F’chez moi la p...
Et il ferma les yeux. Ou plutôt, l’interstice qui demeurait entre


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ses paupières disparut.
Katz se redressa, et tourna les talons. Il referma la porte très doucement. Les femmes de chambre attendaient dans le couloir.
– Appelez-moi Werner.
Quand Katz se relâchait, quand il dînait avec des amis, avec sa femme et ses enfants, il aimait à répéter qu’il y a plus de jus dans deux betteraves que dans une – manière prosaïque de dire que le plus assuré des chefs a toujours raison de prendre un autre avis, son opinion fût-elle formée.

Werner l’écouta avec une extrême attention, passant machinalement l’index sur sa moustache blonde, et conclut :
– Burnout.
– Oui, dit Katz. Syndrome d’épuisement professionnel.
– Ce monsieur est grillé, cramé.
– Pensez-vous qu’on devrait appeler des secours ?
– Qu’est-ce qu’il fait, cet homme ? Qu’est-ce qui le plonge dans un état pareil ?
– C’est un marin, un commandant. Il vient de diriger et de réussir un sauvetage incroyable, à ce qu’on m’a dit.


Cinquième jour

– Un sauvetage ?
– C’est sa spécialité.
– Le genre de type qui joue sa vie ?
– Probablement, oui.
– Qui obéit à une règle supérieure ?
– Sans doute.
Werner regarda soudain Hannelore et Kirstin.
– Il est comment, avec vous ?
– Il est... Il n’est pas là.
Werner se tut, apparemment en proie à une réflexion intense. Katz l’observait, amusé et intrigué.
– Laquelle de vous deux a la voix la plus aiguë ?
Les deux filles se regardèrent, ahuries. Werner attendait une réponse.
– Je ne sais pas, moi, dit Kirstin. Hannelore, peut-être.
– Qu’est-ce qui te fait peur, Hannelore ?
– Pardon ?
– Qu’est-ce qui te fait peur ? Le noir, les araignées, les punaises, les serpents, les scorpions, les fantômes ?
Là, Katz ne comprenait plus. Mais Werner avait l’air très sérieux.


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– Les araignées, répondit Hannelore, les araignées poilues.
– On pourrait tenter de jouer sur son instinct de sauveteur. Tu penserais à l’araignée, Hannelore, à la pire qui soit, et tu crierais au secours. De toutes tes forces. Moi, je suis sûr, qu’il se réveillera, qu’il sortira, qu’il foncera dans le couloir pour te protéger.

Katz se prit la tête dans les mains. Longuement. Deux minutes, au bas mot. Oui, il était parfait, ce Werner. Cela fonctionnerait peut-être. Cela déclencherait probablement une sorte de réflexe pavlovien. Mais quelque chose le gênait, le choquait. Quelque chose le troublait au plus profond de lui-même.

‒ Non, finit-il par dire. Non, trois fois non. Je ne peux pas. Je ne peux pas lui jouer la comédie. Ce monsieur est sous mon toit.
Il était secoué d’une sorte de frisson.
‒ Même pour son bien ? questionna Werner.
‒ Même pour son bien.
C’était sans appel. Werner planta ses yeux turquoise dans ceux de son patron.
‒ On déclenche les secours ?


Cinquième jour

Katz, cette fois, n’hésita pas.
‒ Non, on ne déclenche rien. Rien de rien. On attend. Ce type a réussi quelque chose d’exceptionnel. Il va s’en sortir lui-même.

Werner ouvrit la bouche, la referma, et tourna les talons.

Cinq jours. Il fallut attendre le soir du cinquième jour. L’occupant de la suite 312 avait téléphoné. Puis quelqu’un, quelqu’un d’extérieur, portant un paquet assez important, l’avait demandé.

Et, au crépuscule de ce cinquième jour, la porte s’ouvrit, Kellermann parut, impeccable, en uniforme bleu. Un peu pâle, sans doute. Au portier, il demanda la direction des docks. Et le portier la lui indiqua, suggéra que le concierge pouvait lui fournir un plan. Mais l’autre déclina, franchit le seuil d’un pas résolu.
‒ Je crois que je vais boire un coup.
Le portier sourit d’un air entendu. Ce Werner était décidément parfait. Presque parfait.


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